Imagerie mentale, imagerie motrice, visualisation : quelles différences ?
Marie Mazières, préparatrice mentale ·

Au programme
1. L’imagerie mentale 2. La visualisation 3. L’imagerie motrice 4. La pratique mentale 5. En résumé 6. Quel outil choisir ? 7. À retenirL’essentiel en 30 secondes
L’imagerie mentale, c’est le terme scientifique : vivre une expérience dans sa tête, avec tous ses sens. La visualisation, c’est le mot du quotidien pour parler de la même chose. L’imagerie motrice en est une partie : celle qui concerne les mouvements. Et la pratique mentale, c’est quand on utilise tout ça pour s’entraîner.
Imagerie mentale. Imagerie motrice. Visualisation. Répétition mentale.
Quatre mots que l’on croise partout dès qu’on parle de préparation mentale. Et souvent, on les utilise un peu au hasard.
Bonne nouvelle : c’est plus simple qu’il n’y paraît. Ces termes s’emboîtent comme des poupées russes.
Dans cet article, je vous aide à y voir clair, pour choisir le bon outil selon votre objectif, que vous prépariez une compétition, une négociation ou une montée sur scène.
1. L’imagerie mentale : la grande famille
En psychologie du sport, l’imagerie mentale désigne une expérience que l’on crée ou recrée dans sa tête, et qui peut passer par tous les sens (Hardy, Jones et Gould, 1996).
Tous les sens, ça veut dire :
La vue : le lieu, la lumière, les visages.
L’ouïe : le bruit du public, votre respiration.
Les sensations du corps : le poids de la raquette, vos appuis, vos muscles.
Les émotions : la concentration, la confiance, l’envie.
C’est le terme le plus large. Tous les autres se rangent à l’intérieur.
2. La visualisation : le mot du quotidien
« Visualisation », c’est le mot que tout le monde utilise : les athlètes, les coachs, les médias… et moi aussi, sur ce blog !
Dans les faits, il désigne la même chose que l’imagerie mentale. Il a juste un petit défaut : il laisse penser que tout passe par les yeux. Or une bonne visualisation mobilise aussi les sons, les sensations du corps et les émotions.
➡️ Quand vous lisez « visualisation », pensez « imagerie mentale, avec tous les sens ».
👉 Pour la pratiquer pas à pas : Visualisation mentale : le guide pratique
3. L’imagerie motrice : quand l’image devient mouvement
L’imagerie motrice, c’est la partie de l’imagerie mentale qui concerne les mouvements. Vous imaginez un geste sans le réaliser : vous le voyez, et surtout, vous le sentez (Jeannerod, 1994 ; Decety, 1996).
Un service au tennis. Un départ en natation. Un enchaînement de danse. Le geste d’un(e) musicien(ne) sur son instrument.
Ce qui la rend si intéressante : pour le neuroscientifique Marc Jeannerod, imaginer un geste et le réaliser s’appuient sur des réseaux cérébraux en grande partie communs.
En gros : quand vous imaginez un geste, votre cerveau le prépare presque comme s’il allait le faire.
C’est pour ça que l’imagerie motrice aide à apprendre, à affiner et à corriger un geste.
👉 Les expériences sur les muscles qui s’activent pendant l’imagerie sont détaillées dans le guide de la visualisation.
4. La pratique mentale : quand on s’entraîne avec
Dernier terme : la pratique mentale, aussi appelée répétition mentale. C’est un usage plutôt qu’un type d’image : répéter une action dans sa tête, pour mieux la réaliser ensuite.
Et ça marche. En 1994, une grande synthèse des études sur le sujet conclut que la pratique mentale améliore la performance (Driskell, Copper et Moran, 1994). Une mise à jour publiée en 2020 confirme cet effet positif. Sa force varie selon la durée, le type de tâche et le type d’imagerie utilisé (Toth et al., 2020).
Ces recherches rappellent aussi que l’entraînement physique reste plus efficace que la pratique mentale seule. La pratique mentale vient donc en complément : elle ajoute des répétitions pendant que le corps se repose.
5. En résumé : qui fait quoi ?
L’imagerie mentale : la grande famille. Vivre une expérience dans sa tête, avec tous ses sens.
La visualisation : le mot du quotidien pour parler d’imagerie mentale.
L’imagerie motrice : les mouvements. Voir et sentir le geste pour l’apprendre, l’affiner, le corriger.
La pratique mentale : l’entraînement. Répéter dans sa tête pour mieux réussir ensuite.
6. Quel outil pour quel objectif ?
🎯 Vous voulez apprendre ou corriger un geste : l’imagerie motrice. Sentez le geste de l’intérieur, ou regardez-le comme sur une vidéo pour vérifier la technique.
🎯 Vous préparez un moment qui compte (compétition, négociation, prise de parole) : la visualisation de toute la scène. Le lieu, les sons, vos émotions, et votre réponse face à un imprévu.
🎯 Vous sortez d’une performance : revivez d’abord ce qui a marché, puis rejouez dans votre tête la version que vous voulez améliorer.
🎯 Vous êtes blessé(e) : l’imagerie motrice vous permet de continuer à travailler le geste pendant que le corps se répare. C’est l’un des outils que j’utilise pour préparer la reprise.
À tester ce soir
Choisissez un geste simple de votre quotidien, sportif ou professionnel : votre service, votre poignée de main d’accueil, votre première phrase face à un public. Fermez les yeux et faites-le 3 fois dans votre tête, à vitesse réelle. La première fois, regardez-le. La deuxième fois, sentez-le. La troisième fois, ajoutez l’émotion que vous voulez ressentir.
Vous voulez savoir quels outils utiliser dans votre cas ?
Mon Audit 360° offert →7. Ce qu’il faut retenir
L’imagerie mentale, c’est la grande famille. La visualisation, c’est le mot du quotidien pour en parler. L’imagerie motrice concerne les mouvements. Et la pratique mentale, c’est l’entraînement, en complément du terrain.
Ces outils se complètent. Un programme de préparation mentale les combine selon vos objectifs et votre calendrier.
Et vous, quel geste ou quel moment allez-vous répéter dans votre tête cette semaine ?
Sources : Hardy L., Jones G. et Gould D. (1996), Understanding Psychological Preparation for Sport, Wiley. Jeannerod M. (1994), « The representing brain: Neural correlates of motor intention and imagery », Behavioral and Brain Sciences. Decety J. (1996), « Do imagined and executed actions share the same neural substrate? », Cognitive Brain Research. Driskell J. E., Copper C. et Moran A. (1994), « Does mental practice enhance performance? », Journal of Applied Psychology. Toth A. J., McNeill E., Hayes K., Moran A. P. et Campbell M. (2020), « Does mental practice still enhance performance? A 24 year follow-up and meta-analytic replication and extension », Psychology of Sport and Exercise.
Écrit par Marie Mazières
Préparatrice mentale diplômée (Master 2) et accréditée par la Société Française de Psychologie du Sport (SFPS). J’entraîne le mental des sportif(ve)s et des dirigeant(e)s comme celui d’un athlète.
Découvrir mon parcours →À lire ensuite
Le guide pratique
6 étapes
6Les routines des champions
4 routines
4Avant la compétition
Le protocole
24Exercices concrets
7 exos
7Syndrome de l’imposteur
5 stratégies
5Trac, stress, pression
Même combat
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