Auto-sabotage : comment vous laisser réussir ?
Marie Mazières, préparatrice mentale ·

Au programme
1. Qu’est-ce que l’auto-sabotage ? 2. Les formes les plus courantes 3. Ce qu’il cherche à vous dire 4. Comment vous laisser réussir 5. À retenirL’essentiel en 30 secondes
L’auto-sabotage, ce sont les comportements par lesquels on freine sa propre réussite : reporter, viser la perfection, s’épuiser avant le jour J, éviter. Il protège souvent l’image qu’on a de soi. Le repérer, c’est déjà commencer à vous laisser réussir.
Vous vous êtes préparé(e). Vous connaissez le sujet, le geste, le terrain.
Et pourtant, au moment où ça compte, quelque chose déraille. Une hésitation. Une erreur évitable. Une occasion qui file.
Et cette sensation, en sortant, d’avoir joué en dessous de votre niveau.
Ce phénomène porte un nom : l’auto-sabotage. Et il touche aussi des personnes très compétentes.
1. Qu’est-ce que l’auto-sabotage ?
L’auto-sabotage regroupe les comportements et les pensées par lesquels une personne freine sa propre réussite, souvent sans s’en rendre compte.
En 1978, les chercheurs Steven Berglas et Edward Jones décrivent un mécanisme proche : l’auto-handicap. Face à une épreuve à l’issue incertaine, on crée, sans le vouloir, un obstacle qui servira d’explication. Si ça rate, c’est la faute de l’obstacle. Si ça marche, c’est encore plus fort (Berglas et Jones, 1978).
En gros : l’auto-sabotage protège l’image que vous avez de vous. Mais cette protection a un prix : elle cache votre vrai niveau.
2. Les formes les plus courantes
❌ Reporter la préparation : l’entraînement, le travail de fond, la répétition. « J’aurais dû m’y mettre plus tôt » devient une explication commode.
❌ Le perfectionnisme qui paralyse : attendre les conditions parfaites pour se lancer, ou trouver son travail toujours insuffisant.
❌ Le trop-plein avant le jour J : s’épuiser dans des tâches annexes juste avant un moment clé. La fatigue sera l’explication toute trouvée.
❌ La petite voix qui freine : « Je suis à peine à ma place ici », « Les autres sont meilleurs que moi ».
❌ L’évitement : refuser une occasion, se désinscrire au dernier moment, revoir ses ambitions à la baisse. C’est la forme la plus discrète.
3. Ce qu’il cherche à vous dire
L’auto-sabotage est un signal, bien plus qu’un défaut de caractère. Il révèle souvent l’une de ces situations :
💡 Une peur de réussir autant que de rater : réussir crée de nouvelles attentes, et plus de visibilité.
💡 Une confiance qui dépend des résultats : quand votre valeur tient à votre dernier match ou votre dernier dossier, chaque échéance devient une menace.
💡 Des croyances jamais questionnées : « Ce niveau, ce n’est pas pour moi. »
💡 Un objectif qui n’est pas vraiment le vôtre : parfois, le frein signale un décalage entre ce que vous visez et ce que vous voulez vraiment.
4. Comment vous laisser réussir
1. Repérez vos scénarios. Dans quelles situations jouez-vous en dessous de votre niveau ? Qu’ont-elles en commun ? Quel comportement revient avant ou pendant ?
2. Nommez la peur qui se cache derrière. « J’ai peur de réussir et de ne pas tenir ce niveau », « J’ai peur d’être jugé(e) ». La mettre en mots, c’est déjà la regarder en face.
3. Séparez votre performance de votre valeur. Une performance raconte ce qui s’est passé ce jour-là, dans ces conditions. Votre valeur, elle, reste la même. Construire une confiance stable, indépendante des résultats, est un travail central de la préparation mentale.
4. Engagez-vous sur des actions précises. Une heure de préparation fixée, une routine d’avant-performance, une règle simple. Les recherches montrent qu’un plan du type « Quand…, alors je… » augmente nettement les chances de passer à l’action (Gollwitzer et Sheeran, 2006).
5. Faites-vous accompagner. Certains scénarios sont bien installés. Un regard extérieur aide à les repérer, à les comprendre et à installer de nouvelles habitudes.
À tester ce soir
Notez la dernière fois où vous avez joué en dessous de votre niveau. Écrivez ce que vous avez fait juste avant, et la phrase que vous vous êtes dite. Puis écrivez une action précise pour la prochaine fois : « Quand…, alors je… ».
Vous reconnaissez certains de ces scénarios ?
Mon Audit 360° offert →5. Ce qu’il faut retenir
L’auto-sabotage a souvent été une protection utile, à un moment de votre vie. Aujourd’hui, vous pouvez choisir autre chose.
La performance se construit avec des compétences, et avec la capacité à vous laisser réussir.
Et vous, quel scénario reconnaissez-vous ?
Sources : Berglas S. et Jones E. E. (1978), « Drug choice as a self-handicapping strategy in response to noncontingent success », Journal of Personality and Social Psychology. Gollwitzer P. M. et Sheeran P. (2006), « Implementation intentions and goal achievement: A meta-analysis of effects and processes », Advances in Experimental Social Psychology.
Écrit par Marie Mazières
Préparatrice mentale diplômée (Master 2) et accréditée par la Société Française de Psychologie du Sport (SFPS). J’entraîne le mental des sportif(ve)s et des dirigeant(e)s comme celui d’un athlète.
Découvrir mon parcours →À lire ensuite
Exercices concrets
7 exos
7Syndrome de l’imposteur
5 stratégies
5Les routines des champions
4 routines
4Avant la compétition
Le protocole
24Le point de départ
Les bases
1Trac, stress, pression
Même combat
3Glissez pour voir la suite →
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